Un nouvel arrêté très attendu concernant le diagnostic rapide de l’infection par le virus du sida vient d’être adopté et publié au Journal Officiel. L’association AIDES se félicite de cette nouvelle, mais s’inquiète de ses limitations et du devenir d’un programme de dépistage spécifique qu’elle mène actuellement avec l’ANRS.
Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, vient de signer l’arrêté autorisant les méthodes rapides non médicalisées pour le dépistage du
virus d’immunodéficience humaine (VIH). Publié au Journal Officiel hier, ce test rapide d’orientation biologique (TROD) pourra être pratiqué par des médecins, des biologistes, des sages-femmes ou des infirmières. Il permettra d’établir un premier diagnostic en trente minutes seulement, mais qui devra ensuite être validé par une méthode biologique classique.
Mais le recours à ce diagnostic ne pourra se faire que dans quatre situations d’urgence :
– en cas d’accident d’exposition au sang pour tester la personne “source“ ;
– en cas d’exposition sexuelle récente pour tester un partenaire afin de proposer éventuellement un traitement post-exposition ;
– au cours d’un accouchement pour une femme dont on ne sait pas si elle est infectée ou non ;
– en cas d’urgence diagnostique devant des symptômes évoquant un syndrome d’immunodéficience acquis (SIDA).
L’association AIDES de félicite de cette annonce mais souhaiterait, à l’instar d’autres associations, que ce test soit utilisable en dehors de ces situations particulières. L’association craint d’ailleurs que cette autorisation partielle porte préjudice à une autre méthode de dépistage rapide, auprès des hommes homosexuels, qui ne bénéficie actuellement pas d’un cadre juridique.
En effet AIDES développe depuis novembre 2008, en partenariat avec l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS), un protocole de dépistage rapide et efficace. Cette méthode, appelée ANRS-COMTEST, est toujours au stade de l’étude, encadrée par des projets de recherches biomédicales. Spécialement destinée aux personnes gays, représentant une population particulièrement vulnérable, elle est réalisée dans un environnement non médical par des membres de l’association spécialement formés. D’après AIDES, l’intérêt de leur méthode est de pouvoir réaliser ce dépistage rapide dans un cadre non professionnel. Selon l’association, “une population qui ne voudrait pas forcément se confier sur ses pratiques, se rendre dans un centre de dépistage par peur d’être jugée, franchit plus facilement le cap dans un environnement non professionnel et avec nos bénévoles“. Les résultats sont là: plus 90 % des personnes dépistées sont satisfaites et aucun effet néfaste n’a été constaté.Cependant, la date d’échéance de cette étude ANRS-COMTEST est fixée au premier juillet. Ainsi, à compter de cette date, une réglementation conforme aux recommandations de la Haute Autorité de Santé sera nécessaire pour que l’association puisse poursuivre ses propres actions de dépistage. Sans l’instauration rapide d’un cadre juridique concernant les méthodes de dépistage associatives, ces méthodes tomberont dans l’illégalité. AIDES appelle donc la Ministre de la santé et des sports à trouver une solution permettant de réglementer ce nouveau type d’accès au dépistage, déjà légalisé en Espagne. Frédéric Tronel
Sources :
– “Signature de l’arrêté concernant les diagnostics VIH et les conditions de réalisation du test rapide“, communiqué de presse du Ministère de la santé et des sports, 9 juin 2010,
accessible en ligne.
– “Des tests rapides non médicalisés pour le dépistage du VIH : encore un effort !“, AIDES, 10 juin 2010,
accessible en ligne.Click Here: cheap Cowboys jersey