Après avoir pensé durant des années que l’effet placebo était principalement dû à des pensées conscientes (comme le fait de s’attendre à voir les symptômes régresser après la prise d’un comprimé sans principe actif), il semblerait qu’en fait, tout se joue au niveau de l’inconscient.
L'effet placebo se déroule-t-il à un niveau inconscient ?
L’effet placebo, vous connaissez ? C’est par exemple le fait d’observer une amélioration de son état de santé après avoir des comprimés sans principe actif (un placebo). Autrement dit, le simple fait d’avaler une pilule suffit au patient pour aller mieux. Logiquement, cet effet était attribué à la formidable puissance de la pensée consciente, censée agir directement sur l’organisme. Mais tout ne serait pas si facile… D’après les recherches de l’équipe de Karin Jensen, du département de Psychiatrie et du Martinos Center for Biomedical Imaging au Massachusetts General Hospital (MGH), tout se passerait à niveau inconscient… Leur étude a été publiée dans l’édition du 10 septembre des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).Pour en savoir plus sur cet effet placebo, les chercheurs ont opéré en 2 temps avec 40 participants volontaires.
- Dans un premier temps, les scientifiques envoyaient un souffle d’air chaud sur les bras des participants tandis que défilaient sous leurs yeux des visages d’hommes sur un écran. La première image était associée à une faible douleur alors que la deuxième l’était à une douleur plus prononcée. Ensuite, il a été demandé aux participants de noter leur douleur sur une échelle de 0 à 100 (0 : pas de douleur – 100 : douleur inimaginable). Mais ce que les participants ne savaient pas, c’est qu’en fait, l’intensité de la chaleur était systématiquement la même à chaque fois. Néanmoins, et comme attendu, les notations correspondaient tout de même aux associations données : une notation moyenne de 19 avec les visages “faiblement douloureux“ (effet placebo) et de 53 avec les visages “douloureux“ (effet nocebo).
- Dans un second temps, un autre groupe de participants a fait la même expérience sauf que cette fois-ci, les visages défilaient trop vite pour pouvoir être identifiés consciemment. Malgré cela, la notation des participants était sensiblement équivalente à l’expérience précédente : ils notaient la douleur à 25 pour les visages soi-disant “faiblement douloureux“ (effet placebo) et 44 pour les autres (effet nocebo). “Une personne peut exprimer une réponse placebo ou nocebo même s’il ne lui a été suggéré aucun effet mélioratif ou au contraire péjoratif“ explique Karin Jensen.
L’un des auteurs de l’étude, Ted Kaptchuk explique ces résultats en précisant que l’important, “ce n’est pas ce que les patients pensent à ce qu’il va arriver, mais que l’esprit inconscient anticipe, en dépit des pensées conscientes. Ce mécanisme est automatique, rapide et puissant et ne dépend ni d’une délibération, ni d’un jugement“. Pour Karine Jensen, “cette étude fournit un modèle unique pour nous permettre d’approfondir nos recherches sur les mécanismes placebo et nocebo en utilisant des outils tels que la neuro-imagerie“.
Yamina Saïdj
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Source : “
Nonconscious activation of placebo and nocebo pain responses“, Karine Jensen, PNAS, 10 août 2012